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Rome >> Fake girl, true fusion.

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MessageSujet: Rome >> Fake girl, true fusion. Mer 24 Mai - 8:19
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Anni commençait à maudire mentalement sa femme de ménage. Où a t-elle bien pu se fourrer, bon dieu ?! Ce n'était vraiment pas le bon soir pour faire son intéressante et le faire passer pour un menteur. Cette soirée était très importante pour le jeune homme, l'une des plus importantes de toute sa vie et il n'avait pas manqué de lui faire très clairement savoir. Cette fusion entre son entreprise et le Pentanox était sûrement l'une des plus grosses fusions américaine de l'année, pour ne pas dire de la décennie. Son propre père avait veillé sur le dossier du début à la fin et tenait absolument à ce que tout soit parfait. Et c'était même pour cette raison qu'Anni était présent ce soir avec une fausse petite amie qui ternissait sévèrement sa belle réputation de playboy à laquelle il tenait tant. Mais son père avait été catégorique sur le sujet et Anni n'avait eu d'autre choix que de s'emmener avec une fille à son bras. Une fille qui jouait les fantômes depuis la fin du discours d'ouverture. - Alors, Jovanni, où est-elle donc cette merveilleuse jeune femme dont vous nous avez tant parler ? Je pensais qu'elle venait avec vous ce soir. Je vais commencer à croire qu'elle n'existe pas ! demande l'un des transactionnaires avec lesquels discute le jeune mmilliardaire. Il sent le regard courroucé de son père et n'ose même pas le regarder avant de répondre, l'air parfaitement sûr de lui. - Je confonds souvent réalité et fantasme mais je peux vous jurer que ce n'est pas le cas cette fois. Enfin... Je crois. Ils éclatèrent tous de rire et Anni avale son scotch pour se donner une contenance. Son père lui ne débridait pas, pensant sûrement que son fils se foutait ouvertement d'eux. Si Rome n'apparaissait pas tout de suite, Anni perdrait toute crédibilité et cela pouvait foutre en l'air cette fusion. Il n'aurait peut-être jamais dû lui faire confiance. L'emmener ici. Et encore moins la perdre des yeux. Mais il restait persuadé qu'elle n'était pas partie. Elle n'oserait pas lui faire ça... Si ?

MessageSujet: Re: Rome >> Fake girl, true fusion. Mer 24 Mai - 22:18
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Dans la foule compacte, les yeux de Rome surveillent attentivement le petit groupe d’hommes qui sirotaient un verre. Elle compte jusqu’à dix dans sa tête, avant de se mettre à marcher dans leur direction. De manière tout à fait honnête, elle a envisagé quitter la soirée juste après le discours d’ouverture, et servir comme excuse qu’elle s’était présentée comme demandé – pardon, ordonné et qu’elle pouvait donc rentrer chez elle. Même si la perspective de passer une soirée entière aux côtés de son employeur l’agaçait au plus haut point, elle ne pouvait pas se permettre de faire échouer cette fusion. Quand même. Rome avait des valeurs, et les appliquait même si c’était pour des petits cons.
Elle a aussi envisagé de se pointer avec un décolleté jusqu’au nombril et de montrer quasiment l’entièreté de ses jambes à l’assemblée. Mais, s’étant promise de ne pas gâcher la soirée, seulement l’humeur de son connard de boss, elle a finalement opté pour une petit robe blanche toute sage. Munie de son sourire digne d’une publicité pour dentifrice, c’est avec l’attirail parfait du petit ange qu’elle fait son entrée en s’approchant de son petit ami de la soirée. - Chéri ! Tu aurais pu me prévenir que nous ne nous retrouvions plus aux toilettes, je t’ai attendu, moi ! Lui offrant une petite moue, elle laisse le temps au petit groupe de comprendre son sous-entendu et le balaie du regard. - Georges ! Je suis si heureuse de vous revoir ! Ça n’avait pas l’air de franchement être le cas du père de son "petit ami", et cela se lisait sur son visage qu’il ne s’attendait pas à la voir ici. - Jovanni ne vous avait pas dit que je viendrais ce soir ? Faussement outrée, elle coule un petit regard dans sa direction. - Il y a des fois, chéri, j’ai vraiment l’impression que tu tiens sérieusement à me perdre. Elle adresse un sourire éclatant au groupe qui essaie d'assimiler ses propos, laisse planer le doute, bien trop heureuse de chambouler les plans du milliardaire. Elle n'allait pas jouer les escort-girl. Ce serait trop simple. Non, elle allait humilier Jovanni Ortega petit à petit, coup bas par coup bas, juste pour lui faire comprendre à quel point cela l'énervait qu'il la traite comme son petit chien à qui il pouvait ordonner tout et n'importe quoi.
MessageSujet: Re: Rome >> Fake girl, true fusion. Jeu 25 Mai - 0:37
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Le temps commençait à être très long pour lui. Même s'il ne s'était passé que deux minutes depuis. Il s'impatientait. Il bouillait intérieurement. Et il jurait par tous les dieux de toutes les langues qu'il connaissait que si jamais sa folle de Rome s'était tapée le fantôme, il allait lui faire payer jusqu'à la fin de sa vie. Sa folle de Rome... Anni rit pour lui même à cette pensée. D'aucun penserait que c'était les propos d'un petit ami possessif mais en fait, c'était simplement ceux d'un homme purement prétentieux qui adorait les jolies choses, payait pour les avoir et aimait les proclamer siennes dès qu'elles entraient en sa possession. Et oui, la chose dans l'histoire, c'était sa bonne. Chéri ! Sa bonne qui, de toute évidence, n'était pas partie... Tu aurais pu me prévenir que nous ne nous retrouvions plus aux toilettes, je t’ai attendu, moi ! Anni s'étouffa presque avec son verre, avant de lancer un regard à la fois choqué et courroucé à la jeune femme. Sa bonne qui, de toute évidence, il allait tuer ce soir. Il porta une main à ses lèvres pour essayer de retenir la moutarde qui lui montait au nez, regardant son père qui lui ne semblait pas du tout, mais alors pas du tout heureux de voir son interlocutrice. Le jeune homme ne put s'empêcher de savourer ce moment, malgré le fait que pour le coup, lui non plus n'était pas vraiment heureux de voir sa petite-amie. - Il y a des fois chérie, j'ai vraiment l'impression que tu tiens sérieusement à ce que je te tue, répliqua t-il du tac au tac, un sourire tout aussi éclatant que celui de la jeune femme. Il savait à quoi elle jouait et en d'autres circonstances il se serait éclaté à se montrer un adversaire de taille. Mais là tout de suite, ce n'était vraiment pas le bon moment. Et cette délicieuse pimbêche le savait très bien. Il passa un bras autour de sa taille. - Messieurs, je vous présente la charmante sorcière qui a réussi à me passer la corde au cou. Rosemarie... Heu, Rosemarie quoi déjà, chérie ? demanda t-il, faisant mine d'oublier son patronyme. - Désolé, je dois avouer que quand elle m'impose ainsi une vision d'elle aux toilettes, j'en perds la tête, finit-il en se marrant avec la bande. - Mais je t'aime malgré tout, trésor, roucoule t-il auprès d'elle ensuite, l'obligeant à accepter son baiser. Il s'était promis ne pas entrer dans son jeu mais n'avait pas pu s'empêcher de répliquer. Elle voulait l'humilier ? Elle sortira d'ici plus à terre que lui. Même si clairement, c'était lui qui avait le plus à perdre.
Ses transactionnaires commencèrent à s'intéresser à la jeune femme et à leur couple et Anni se félicita d'avoir présagé la chose et avoir apprêté des réponses toutes faites qu'il avait fait mémoriser à Rome. Elle devait passer pour la petite-amie parfaite, digne d'un homme comme lui. Jovanni Ortega sortir avec une vulgaire domestique, en voilà qui une qui ne ferait pas bon effet auprès de son public.

MessageSujet: Re: Rome >> Fake girl, true fusion. Jeu 25 Mai - 22:17
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Un sourire triomphant, bien que fugace, éclaire le visage de la jeune femme alors qu’elle se délecte de l’expression choquée et magnifiquement agacée de son boss.  - Voyons, Jo’, en voilà des manières de parler à sa petite amie. Pensait-il réellement qu’elle allait se laisser faire ? C’était mal la connaître. En même temps, il était difficile de dire qu’ils se connaissaient… sauf en ce qui concernait leurs corps. Ah ça oui, ils avaient fait connaissance, et pas qu’une fois. La sensation de ses lèvres contre les siennes n’est donc pas inconnue, de sorte qu’elle réussit à contrôler ses réactions lorsqu’il l’embrasse devant tous ses partenaires. Elle l’aurait griffé au visage si elle avait pu, parce qu’il était injuste que son corps de dieu abrite un esprit aussi manipulateur et pervers que le sien. Et alors qu’il se marre avec sa bande de crétin – elle leur aurait tous fait avaler leurs costumes à deux balles si elle avait pu, elle pose sa main sur le torse de Jovanni, penchant sa tête vers lui. Elle susurre, d’une voix assez forte pour que tous l’entendent : - Tu as beau en rire en public, tu ne t’es pas plaint hier soir quand je t’ai passé la corde et autre part qu’au cou… Petit sourire provocateur, signé Rome, avant de se concentrer sur les actionnaires qu’il fallait se mettre dans la poche ce soir. Ceux-ci semblent s’intéresser à elle, posant des questions sur ses études, son parcours scolaire. Elle débite les réponses que son boss lui a fait apprendre, de manière si naturelle que c’en est presque effrayant. On s’intéresse à son couple, à la manière dont ils se sont rencontrés. - Oh vous savez, il fut un temps où il était impossible de ne pas remarquer Jovanni, surtout lorsqu’il vous poursuit après avoir marché dans une crotte de chien. Petit sourire désolé à l’encontre du concerné, qui ne l’est pas du tout en réalité. Elle savait bien qu’il allait tenter de la mettre à terre, mais il oubliait visiblement que ce soir, c’était sa vie en jeu et non celle de Rome. Dans le pire des cas, il pouvait la virer. Ce n’était pas comme si elle n’avait pas eu envie de le faire une demi-douzaine de fois, déjà. Et au moins, elle pourrait lui crever les yeux avec ses talons aiguilles en toute impunité.  Une serveuse passe à ce moment précis, offrant à boire aux invités. Rome se prend une coupe de champagne et tend un verre bien rempli de whiskey au jeune milliardaire. -Tiens, chéri, ton verre habituel. Alors comme ça, Jovanni Ortega aurait quelques penchants bien développés pour les alcools forts ? Quelque chose sur les visages des partenaires du jeune homme fit comprendre à Rome que non, ils ne s’en doutaient pas… Sourire empreint d’une sincérité feinte à son cher et tendre, avant de claquer un baiser affectueux sur sa joue et de se caller confortablement contre son torse, plus détendue que jamais.
MessageSujet: Re: Rome >> Fake girl, true fusion. Ven 26 Mai - 11:57
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Il allait la tuer. Il se jura mentalement de laisser Queen se charger d'elle dès qu'ils seront rentrés. Qu'elle le fasse passer pour un nympho détraqué ou un dragueur pathétique, ça il pouvait encore encaisser. Elle ne le savait peut-être pas mais elle lui rendait service, le faisant passer pour un homme qui sait s'occuper des besoins de sa femme. Ça faisait marrer ses transactionnaires et c'est tout ce qui lui importait à Anni, alors ça allait. Mais ça n'allait plus du tout maintenant qu'elle le fit passer pour un alcoolique en devenir. Le jeune homme serra les dents, avalant in-extremis la remarque acerbe qui lui venait. Pourquoi fallait-elle toujours qu'elle pousse le bouchon ? Lui qui avait admiré tout à l'heure l'aisance avec laquelle elle avait joué son rôle, croyant qu'elle avait décidé d'être raisonnable et de se contenter de faire le satané boulot qu'elle avait à faire. Il croisa le regard furibond de son père avant de regarder ceux de ses associés sur lesquels il pouvait lire un étonnement mêlé de gêne et de doute. Il fallait qu'il reprenne rapidement la situation en mains autrement cette petite remarque allait lui coûter un contrat sur lequel il travail depuis près de neuf mois. Il retint la serveuse, lui retendant le verre de whiskey que pour le coup, il aurait bien avalé d'un trait. - Elle essaie de me faire payer mon refus de lui acheter ses dix-huit carats de diamants, hier, essaya t-il tant bien que mal de rattraper. - Vous savez les femmes, elles n'ont pas de limite quand il s'agit de leur meilleur ami. La mienne ne fait pas exception à la règle, bien au contraire. Il réussit à ramener le rire au sein du groupe, mais il sentait que la question de l'alcool les avait clairement secoué. - Mon père m'a toujours dit que les croqueuses de diamants ne sont pas toujours les canons. J'aurais dû mieux l'écouter. Mais je te promets, chérie, tu auras tes diamants pour ton anniversaire, lui susurra t-il à l'oreille à son tour, assez fort pour se faire entendre. - Même si je pense qu'ils ne feront pas de miracles, au moins ce ne sera plus ma faute. La tension commençait à être palpable au sein du groupe. Anni savait qu'il fallait arrêter cette guéguerre avant de perdre ce pourquoi il avait tant travaillé, mais cette fille avait le don de le pousser à bout. Tout ce qu'il lui a demandé c'est être jolie et charmante le temps d'une putain de soirée. Ce n'était quand même pas si difficile, si ? Le jeune homme était une boule de nerfs prêt à exploser. Mais celui qui l'était encore plus c'était son père, qui décida finalement de prendre les choses en mains quand Rome allait répliquer, sûrement pour cracher encore une fois son venin. - Je crois qu'on va donner à ces enfants un peu d'intimité, à mon avis ils en ont grandement besoin ! Suivez moi messieurs, je pense qu'il est grand temps d'aller jeter un dernier coup d’œil à ces contrats. Il les laissa prendre les devant pendant qu'Anni leur promettait de les rejoindre bientôt. Jetant un regard furibond à son fils, il ne daigna même pas regarder la jeune femme à côté. - C'est toi qui a voulu que je vienne avec une femme, se défend le fils en question. - C'est la pétasse la moins chère que j'ai trouvé. Il était heureux de lui avoir donné une bonne leçon, à son paternel, mais pas à son propre détriment. Rome avait poussé les choses beaucoup trop loin. - Tu renvoies ça tout de suite de ma soirée ou je t'assure que vous aurez tous deux affaire à moi, répliqua Georges d'une voix sourde avant de s'en aller, ne lui laissant même pas le temps de répondre. Jovanni était furax. Même s'il adorait provoquer son père pour se rebeller de la trop forte présence de ce dernier dans sa vie, il l'aimait quand même et détestait le décevoir. Qu'il soit aussi en colère, au point d'intervenir dans ce qui devait être son entretien, le jeune homme savait qu'il avait dépassé les bornes. Et tout ça à cause de sa domestique ! Il se tourna vers elle, furieux pour mille et une raisons. Il avait envie de lui faire du mal, de lui faire payer ce quart d'heure humiliant. Mais ils étaient en public. Il ne pouvait rien faire de déplacé. Alors, il se décida pour la seule chose qui pouvait la faire enrager: il enfouit sa langue dans sa bouche. Un baiser très doux et très tendre, totalement à l'opposé de ce qu'il ressentait. Il y mit même tellement de plaisir que s'ils avaient été seuls... Il coupa le contact aussi brusquement qu'il l'avait établi. - Tu auras beau râler et faire ta pétasse, tu sais que tu es sous ma bonne volonté. Tu n'es qu'un misérable pion insignifiant dans l'échiquier qu'est ma vie. Le jour où tu te foutras ça dans ton petit crâne de moineau, tu verras que tu te porteras bien mieux et t'arrêteras de cracher sur tout le monde. Il choisissait bien soigneusement ses mots pour la blesser là où ça faisait mal. Et elle avait de la chance parce que ce qu'il avait envie de lui faire là tout de suite était bien pire. - Je te laisse encore la possibilité de faire ta gamine pathétique pour le reste de ma soirée. Mais si je perds mon contrat, tu es foutue, chérie. L'enfer serait un paradis à côté de ce qu'il fera de sa vie. Le jeune homme tourna les talons, pressé de rejoindre son père et de jauger par lui-même les dégâts qu'avait fait sa petite-amie.
MessageSujet: Re: Rome >> Fake girl, true fusion. Ven 26 Mai - 23:21
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Instant de jubilation extrême. Elle sent la gêne dans l’air, mais s’en fiche pas mal, Rome, contente de son coup d’éclat, profitant du quart d’heure d’humiliation du jeune milliardaire. Il n’avait eu que ce qu’il méritait. Mais lorsqu’elle voit la confusion encore présente dans le regard des hommes en face d’elle, une petite voix dans sa tête lui confirme qu’elle est allée trop loin. Cependant, Rome refuse de regretter. Ah ça non. Le crétin arrogant n’avait eu que la monnaie de sa pièce, et ça lui apprendrait peut être à réfléchir avant de la traiter comme un vulgaire objet. Mais même si cela lui faisait mal de l’admettre, elle allait devoir corriger ses paroles car elle s’était promise de ne pas faire foirer la fusion et au vu de la tournure des évènements, cela semblait bien pour. Elle allait ouvrir la bouche pour « admettre » qu’elle se vengeait de son « petit ami », mais Georges en décida autrement. Rome sentit qu’elle avait bien foutu la merde lorsque le père Westfield emmena ses invités au loin. La laissant seule avec Jovanni. Qui, au passage, avait une envie certaine de l’étriper – elle ne sentait que trop bien ces choses pour avoir eu les mêmes pensées des dizaines de fois. Et si Rome ressentait une légère – très légère – culpabilité à l’idée qu’un contrat si important pouvait échouer par sa faute, tous ses remords s’envolèrent lorsqu’elle le vit s’approcher et l’embrasser. Tendrement. Pour lui rappeler que c’était lui qui avait le contrôle, et pas elle. Lui rappeler qu’elle était sous sa bonne volonté, comme il le disait. Et cela la mettait hors d’elle. Elle aimerait le gifler, lui jeter à la figure qu’elle était une femme libre qui n’avait de compte à rendre à personne, mais elle ne pouvait pas. Car ce connard était son patron, ce qui signifiait qu’il signait ses fiches de paie. Et elle avait besoin de cet argent. Pour partir d’ici. C’en était presque amusant, ce paradoxe. Elle avait besoin de rester à son service pour quitter cet emploi. Car même si elle contredisait tous ses principes féministes, elle devait rassembler assez d’argent – et donc travailler pour Jovanni. Elle retient ses mots, range les poignards que sa bouche voudrait lancer. Elle ne pouvait rien faire, rien dire, il le savait aussi bien qu’elle. Aussi, elle laisse passer les menaces désobligeantes, le laisse rejoindre ses invités. Elle respire un grand coup, remet de l’ordre dans ses pensées. Elle sait qu’il peut véritablement faire de sa vie un enfer, et elle tient vraiment à ne pas perdre son emploi. Certes, elle pouvait toujours bouger, changer de ville, mais San Francisco lui plaisait et pour une fois elle se sentait vraiment chez elle. Alors, non, ce n’était pas un connard nommé Jovanni Ortega qui allait gâcher sa vie. Hors de question. Sa colère fermement harnachée, elle part rejoindre le petit groupe d’hommes dans la pièce attenante. Un sourire penaud se dessine sur son visage d’ange, tandis que ses grands yeux noisette ne reflètent que de la sincérité. - Excusez-moi messieurs si je vous ai effrayé, il ne faut jamais prendre mes remarques au sérieux lorsque je me venge de mon petit ami. Je n’aurai pas dû laisser notre vie privée empiéter sur le domaine professionnel. Elle ravale sa fierté, tandis que son moi intérieur réfléchit à la meilleur manière de crucifier Jovanni. Elle voit le soulagement sur le visage de ses interlocuteurs, même si le doute subsiste. - Jamais je ne l’aurai laissé trop se porter sur la boisson. Je lui fais croire qu’il va finir alcoolique, lorsqu’il me tape trop sur les nerfs. Il sait très bien que jamais je ne pourrai rester en couple avec lui si cela arrive. Petit rire factice, alors qu’elle sent le regard sévère de Georges sur elle. Donner l’illusion de la petite amie aux petits soins avec sa moitié, cela la ferait vomir sur le champ si un contrat pesant quelques milliards n’était pas en jeu. - Je ne doute nullement que Jovanni vous aura fait bonne impression. Si ce n’est pas le cas, n’oubliez pas : je suis la seule à pouvoir dire du mal de lui ! Plaisanterie à laquelle s’esclaffent quelques hommes, qui voient maintenant la charmante Rosemarie comme féroce protectrice de son bien-aimé. Mais elle donne seulement le change, Rome, lorsqu’elle se glisse près du concerné. Ses doigts s’emmêlent avec les siens, tout en douceur, tandis qu’elle se colle à lui pour lui offrir son regard de chien battu. - Tu me pardonnes ? qu’elle murmure, parfaitement consciente des regards qui s’attardent sur eux, cherchant confirmation qu’il ne s’agissait que d’une simple dispute de couple. Si seulement.

MessageSujet: Re: Rome >> Fake girl, true fusion. Dim 28 Mai - 6:55
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Il aurait voulu la renvoyer chez elle. Appeler le chauffeur pour qu'il la dépose très loin de cette soirée. Mais s'il faisait cela maintenant, il ne fera que confirmer ses propos, donner l'impression à ses associés que sa petite-amie avait disparue pour avoir trop parlé. Ça aurait été une très mauvaise pioche. Alors, il se contenta de la laisser là. Qu'elle fasse ce qu'elle veut. Il la mettait au défi d'empirer la situation, même si une part de lui n'était pas sûr de ce pari. Cette fille n'avait aucune limite et pour se venger, elle serait prête à tout. Ça lui arrive de regretter ses décisions, mais pour le coup, il regrettait vraiment de l'avoir emmené ici. Jovanni entra dans la salle de réunion où tout le monde était déjà en grande discussion. Son père lui jeta un coup d’œil noir, lui confirmant que la situation n'était pas encore au beau fixe. Le jeune homme décida alors de lancer le débat sur le contrat à signer en attendant de trouver le moyen de résoudre cette histoire d'alcool. Mais alors que sa technique semblait fonctionner, il vit Rome entrer dans la pièce. Non... Elle ne va pas oser, si ? Jovanni jeta un rapide coup d’œil à son père qui semblait sur le point de faire un infarctus. La raison voudrait qu'il la rejoigne et la fasse sortir d'ici avant qu'elle n'ait l'occasion de l'ouvrir et de dire quoi que ce soit qui puisse le crucifier pour de bon. Mais plus que la raison, c'était maintenant la curiosité de Jovanni qui s'était déclenchée. Il demeura silencieux et attendit, se demandant si elle était réellement venue achever ce qu'elle avait commencé. Aussi bizarre que ça puisse paraître, il se dit qu'il se mettrait à la respecter et à la craindre profondément si elle l'avait réellement poursuivie jusqu'ici pour lui donner le coup de grâce. Ce serait d'une méchanceté qu'il ne peut qu'admirer. Et même cela lui vaudrait un contrat de plusieurs zéros plus la haine éternelle de son père, Jovanni se décida à entendre ce qu'elle avait à dire. Et pour le coup, son poker paya. Il la regarda admiratif, tandis qu'elle remettait tous ces vieux ploucs dans sa poche, les uns après les autres. C'était tellement convaincant que l'espace d'un milliseconde, il se laissa lui-même prendre au jeu. Elle était bluffante. Une vraie actrice. Il devrait lui décerner un oscar pour la peine. Et alors qu'elle jouait la petite-amie super protectrice, Jovanni se surprit à penser qu'il aurait voulu que cela soit vrai... Elle n'avait peu-être pas tort. Peut-être qu'il était réellement alcoolique sans le savoir. C'est la seule chose qui expliquerait la présence de ce genre de pensées complètement ridicule dans sa tête. Il frissonna légèrement au contact de sa main contre la sienne. Décidant de jouer les petits-amis boudeurs, il lâcha d'abord un - Ça dépend, avant d'esquisser un sourire coquin - Seulement si tu promets de réutiliser la fameuse corde d'hier, finit-il, sachant pertinemment que tout le monde l'entendrait. Des murmures complices s'élevèrent. Le jeune homme sut alors que tout était de nouveau en place.  - De toutes façons, je suis incapable de rester fâchée après toi. Il l'attira alors vers lui pour l'embrasser, d'un baiser sincère cette fois. - Merci, lui murmura t-il à l'oreille. Ça lui arrivait rarement d'être reconnaissant envers quelqu'un, mais là pour le coup, oui, il l'était. Il en oublierait presque qu'il était sur le point de la tuer il y a encore dix minutes. En fait, là tout de suite, il était plutôt en train de penser à la nuit torride qu'il avait envie de lui offrir. Il serait... - Ah tu es ici chéri, je te cherchais ! Es-ce qu'il serait possible que Damien raccompagne les filles à la maison ? Elles sont épuisées, les pauvres ! Véronica. Grosse misère. Il jeta un coup d’œil à son père et remarqua que celui-ci pensait la même chose que lui. - Je sais que tu tenais à ce qu'on reste jusqu'à la fin mais on est fatiguées. En plus... Rome ? Mais qu'est-ce que vous faites ici ? Ça vous change du tablier... Il faut l'arrêter ! - Veroooo ! Ça tombe bien que tu sois là, Rome avait un truc à te montrer, la coupa in-extremis son beau-fils. Il eut juste le temps de jeter un regard suppliant à sa femme de ménage avant de la pousser vers  l'extravagante épouse de son père, les conduisant toutes deux vers la porte. Ouais, aux grand maux les grands remèdes. Veronica, aussi adorable soit elle, était une vraie pie. Ce n'est pas pour rien que le jeune homme avait tout fait pour qu'elle évite de voir sa cavalière de la soirée. Elle aurait inévitablement gaffé, révélant le secret qui justement, devait rester secret. Jovanni les poussa limite dehors, prenant soin de fermer la porte à clé derrière. - Bien, plus de femmes ! Où en étions-nous ? Il ne sortira pas d'ici avant d'avoir finalisé ce contrat et être sûr que c'était bien bouclé !
MessageSujet: Re: Rome >> Fake girl, true fusion. Mer 31 Mai - 14:14
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Dans sa vie, Rome s’était déjà fourrée plusieurs fois dans des situations dans lesquelles elle n’aurait pas s’impliquer. Il semblait qu’elle ne pouvait s’en empêcher, bien qu’elle s’était jurée à maintes reprises de rester loin des ennuis. Autant dire que ça n’avait jamais marché. Mais il fallait dire que c’était bien la première fois qu’elle se sortait d’un pétrin avec autant de brio. A croire qu’apprendre à bluffer au poker auprès de son père dès son plus jeune âge avait finit par payer. Elle pouvait au moins le remercier pour ça. Ainsi, lorsqu’elle vit du coin de l’œil les invités discutant allégrement entre eux, elle poussa un soupir de soulagement intérieur. Elle relève les yeux vers son petit ami très sensuel de la soirée, va lui répondre que la corde ne la gêne pas le moins du monde, à condition qu’elle soit utilisée sur lui, mais elle est prise au dépourvu par son baiser.  Doux, sans rancune ni colère. Elle aurait même dit sincère si elle le connaissait mieux. Et lorsqu’il la remercie d’un murmure furtif, elle croit bien rêver. Ses yeux s’écarquillent légèrement, surprise plus qu’inattendue. Après plusieurs mois à son service, rares avaient les fois où la jeune fille avait pu entendre le mot « merci » franchir ses lèvres. Si épisodiques et trop rares pour qu’elle les garde en mémoire. Même si son instinct premier est de briser son élan en lui répondant que non, elle n’avait pas fait ça pour lui mais pour sauver sa peau – et ses principes, elle se tait. Elle a beau être vengeresse, elle sait quand même lorsqu’il faut accepter un remerciement. Surtout venant de Jovanni Ortega. Cela lui donnait l’espoir qu’il n’était peut être pas un connard fini et que, quelque part tout au fond de son être, il cachait une part d’humanité. Mais il n’empêchait que Rome comptait prendre sa revanche. Tôt ou tard, elle lui ferait payer tout ce qu’elle avait eu à subir par sa faute. Cela demandait juste encore un peu de patience et beaucoup de préparation. Alors, elle lui sourit, presque sincère dans ce qu’elle fait, la pensée que c’était pour ces moments là qu’elle ne démissionnait pas lui effleurant l’esprit. Elle va le taquiner, lui rappeler qu’avant de jouer avec une corde il avait un contrat à signer, mais une voix familière l’en empêche. Véronica. La belle-mère de Jovanni. Chiottes. Elle sent la panique monter, la peur que tout leur plan foire alors que le but est presque atteint. Mais elle n’a pas le temps de tergiverser que son boss la pousse vers la porte d’entrée avec sa belle-mère. Rome n’a même pas la présence d’esprit de se plaindre ou de répliquer, elle se contente de tirer le bras d’une Véronica complètement perdue et de les faire quitter la pièce. - C’est vrai ! Je vous ai cherché toute la soirée ! La porte claque derrière elles et Rome pousse un soupir de soulagement, allant même jusqu’à remercier n’importe quelle divinité sur Terre pour la réaction de Jovanni. – Vous pouvez m’expliquer ce qui se passe ? La voix de la belle-mère de Jovanni la ramène à la réalité, se souvenant soudainement que son boss n’avait pas expliqué sa brillante idée à sa famille. Elle lui fait signe de la suivre un peu plus loin, dans un recoin à l’abri des oreilles indiscrètes. - Je sais que cela va vous paraître surprenant, mais je suis la petite amie de Jovanni, du moins, pour ce soir. Votre mari a exigé qu’il soit accompagné ce soir pour faire bonne impression aux invités. Voyant l’expression dubitative de Véronica, elle se retient de la prendre par les épaules et se contente de lâcher un énième soupir, d’agacement cette fois. -Ecoutez, vous savez combien ce contrat est important pour les Westfield. Tout ce que vous avez à faire, c’est prétendre que je suis la petite amie de Jovanni, d’accord ? Rome sait que ce n’est pas une façon de s’adresser à la belle-mère de son patron, mais elle ne peut laisser cette femme ruiner toute la soirée. –Je savais bien que ces deux hommes avaient des idées extrêmes, mais là, ça dépasse mon entendement ! Rome lui adresse un sourire désolé, se retenant de lui confirmer que oui, les Westfield formaient une famille particulière. Mais elle ne voulait pas la vexer, alors elle se contente d’attendre, en priant pour que derrière ces portes closes Jovanni fasse enfin son boulot et obtienne la signature de ce foutu contrat. Véronica semble avoir les mêmes pensées qu’elle, car elle se tourne vers Rome et lance : – Puisque nous sommes destinées à attendre, autant tuer le temps ! avant d’entamer la conversation le plus naturellement du monde, au grand désarroi de la jeune fille. Mais elle n’a que ça à faire, alors elle répond, veillant à rester polie et courtoise car pour Véronica, elle ne représentait que la femme de ménage de son beau-fils. Elles se retrouvent à discuter de Jovanni, leur seul – malheureux – sujet en commun et elles réussissent même à se moquer de lui. Rome s’esclaffait encore lorsque les portes de la salle s’ouvrent et que les hommes finissent par en sortir. Certains échangent de vives poignées de mains, et Rome comprend que le contrat a enfin été signé. Véronica le remarque également et c’est ensemble qu’elles se dirigent vers Jovanni et Georges qui leur confirme ce qu’elles pensaient. –Nous allons enfin pouvoir rentrer ! s’exclame la belle-mère, tandis que Rome adresse un sourire sincère à son boss. D’abord parce qu’elle est quand même contente que cette affaire ce soit bien conclue, et ensuite parce qu’elle pourrait enfin rentrer, comme disait Véronica. – Mais chérie, tu sais bien que j’avais prévu un dîner en compagnie de nos invités… Pardon ? Elle lance un coup d’œil à son « petit ami », inquiète de la tournure que prenaient les évènements.  Comment ça un dîner ? Ce n’était pas ce pour quoi elle avait signé, et elle espérait que son patron s’en souvenait également. –Nous apprécierons grandement que vous nous joigniez, Madame Westfield, ainsi que vous, mademoiselle Rosemarie. Si Véronica ne peut refuser l’invitation lancée par un des partenaires, Rome manque de laisser échapper un « Quoi ?! » frisant l’impolitesse. Elle n’avait aucune envie de rester dans cette soirée, sans parler des risques que leur couverture saute maintenant que la famille Westfield entrait en jeu. Le contrat était signé, son travail ici était donc terminé. Tout ce dont elle rêvait maintenant, c’était de rentrer chez elle, se poser sur son canapé avec un paquet de marshmallow et Netflix pour mater tranquillement les abdos de KJ Apa. Ni plus, ni moins. Alors elle devait à tout prix trouver un moyen de s’échapper, coûte que coûte. -Hé bien, c’est que… Son regard cherche celui de Jovanni, en un appel au secours à peine dissimulé.
MessageSujet: Re: Rome >> Fake girl, true fusion. Sam 3 Juin - 15:25
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- Hé bien c'est que nous avons d'autres projets pour ce soir, balança t-il, finissant la phrase qu'elle avait commencé. Il tend la main pour l'attirer vers elle, enlaçant ses doigts aux siens. - Les parents de Rosemarie donnent un dîner pour leur cinquantième année de mariage. J'ai promis d'être là et je suis - malheureusement - un homme de parole, termina t-il en adressant un regard taquin à sa femme de ménage, débitant son mensonge avec un naturel déconcertant. Il a bien vu qu'elle n'avait aucune envie d'y aller, à leur dîner. Ça tombait bien parce que lui non plus. Plus de trois heures qu'il se balade debout, serrant des mains, adressant des sourires, faisant la conversation... C'est bon quoi, il avait bien mérité un peu de repos ! Il voulait juste rentrer chez lui, se couler un bon bain chaud, avaler quelque chose de plus consistant que des Empanadas et puis dormir. Voilà, c'était son programme. Il avait une journée chargée demain. Cependant, l'espace d'une seconde, il hésita à accepter l'invitation de son père, ne serait-ce que pour aller à l'encontre de la volonté de Rome. La forcer à assister à ce dîner, lui montrer encore une fois que c'était lui qui commandait et qu'elle n'avait pas son mot à dire. Mais une autre idée avait germé dans son esprit entre temps. Pourquoi l'obliger à gaspiller deux heures de sa vie avec de parfaits inconnus qu'elle devrait probablement détester, s'il peut l'avoir pour lui pendant tout ce temps ? A lui tout seul... Après tout, elle est bien sa petite amie pour ce soir, non ? Il reporta hâtivement son esprit qui commençait à s'égarer, juste à temps pour rattraper la conversation. - Ils sont un couple magnifique. Un modèle pour la relation que je souhaite construire avec leur magnifique princesse. Cette simple idée lui donnait envie de gerber. Alliance ? Amour ? Mariage ? Vivre avec une même femme pendant cinquante ans et devoir lui être fidèle ? Plutôt mourir. Rien que d'y penser, ça lui hérissait le poil. Même s'il sait que son père exigeait qu'il se marie dans au plus cinq ans, condition sinequanone avant qu'il puisse toucher le reste de son héritage, il n'était nullement pressé de franchir le pas. Au contraire, il espérait même que jusque là, il pourra trouver une parade pour se sortir de ce merdier de contrat avec son paternel. - Je vous souhaite une agréable soirée à vous aussi. J'espère que vous vous régalerez autant que moi ! Il expédia très vite le reste de la politesse, s'attardant à peine sur son père qui faisait encore les gros yeux, demanda à ce qu'on embrasse ses sœurs pour lui et prit enfin congé, une Rome soulagée au bras. Mais il la déchanta très vite quand la voiture s'emmena et qu'il donna l'ordre au chauffeur de mettre cape à sa villa. - J'ai envie d"une dinde. Et je veux que ce soit toi qui me la prépare, dit-il comme seule explication avant de se plonger dans sa tablette. Une seconde, puis il l'interrompit quand elle allait protester. - Ce n'était pas une requête, Rome. C'était un ordre, il n'y a pas matière à débat. Maintenant ferme la, tu veux ? J'ai besoin de me concentrer. Son ton était de nouveau froid, son expression neutre. Disparu, l'homme charmant et prévenant de tout à l'heure. Se replongeant dans sa tablette, Jovanni en oublia jusqu'à l'existence de la femme qui il y a dix minutes encore, était sa petite-amie aux yeux du monde.

MessageSujet: Re: Rome >> Fake girl, true fusion. Mar 6 Juin - 22:39
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Il lui sauvait la mise beaucoup trop de fois. Pourtant, elle pensait qu’il serait resté. Après tout, c’était son contrat, son entreprise. Mais elle se tait, Rome, simplement trop soulagée de pouvoir enfin rentrer chez elle, bien qu’appréhendant le retour de bâton. Elle se contente d’afficher un sourire, même lorsqu’il évoque le couple parfait que ses parents sont censés former. Elle ne grimace pas, ne lui balance pas son coude dans l’estomac comme elle a envie de le faire. En même temps, comment pourrait-il le savoir, que ses parents sont décédés. Elle espérait juste que Georges n’ait pas l’idée de farfouiller dans son passé, bien que cela ne lui servirait strictement à rien. Il devait bien se douter que son fils quittait cette soirée, censée être la sienne, pour… une raison qui était tout aussi inconnue à Rome.  Elle s’attendait vraiment à ce qu’il accepte, ne serait-ce que pour la faire chier. Mais elle n’allait pas s’en plaindre, elle lui offrit même un sourire éclatant lorsqu’il la qualifia de princesse. Ils commençaient vraiment à être trop bons à ce petit jeu, que c’en était presque effrayant, même pour Rome. Un peu plus et elle pourrait vraiment y croire. Cependant, elle le saurait, s’il la considérait vraiment comme une princesse, car pour l’instant, ça n’avait pas l’air au beau fixe dans sa tête. Pour le moment, elle avait droit à son bon côté, le Jovanni charmant et affectueux, bien qu’elle se doutait fort que tout cela n’était que pure mise en scène. Elle continuait quand même de prier sa bonne étoile, qu’il la laisse rentrer chez elle en paix. Il finit par adresser ses adieux à l’assemblée, l’entraînant derrière lui après qu’elle ait fait de même. Le soulagement l’envahit, ainsi que le bonheur de s’imaginer chez elle, dans son lit, avec son pot de nutella. Mais sa rêverie est coupée net dans le taxi, alors qu’il ordonnait au chauffeur de prendre la direction de sa villa. Comment ça ? Elle allait protester, réclamer qu’il la dépose chez elle parce que bon, il pouvait quand même faire ça, mais il la prend de court en lui exigeant de lui préparer une dinde. Trop abasourdie pour répondre, Rome le fixe, les yeux écarquillés. Une dinde. Une putain de dinde. Mais il s’était cru à Noël ou quoi ?! Elle s’apprête à répondre, lui rappeler qu’elle est femme de ménage et non pas chef cuistot – non pas qu’elle cuisine mal – mais il la fait taire, avec son air glacial qu’elle lui connait mieux. Ah, voilà. Le connard était de retour. Et quand bien même la situation était injuste et qu’elle avait une forte envie de lui faire bouffer sa tablette, Rome ne dit rien.  Elle tente de se calmer, d’apaiser la colère qui monte doucement mais sûrement. Elle fixe le siège devant elle, se souvenant des conseils de sa thérapeute. Inspire, expire. Elle sent les battements de son cœur se calmer, ses doigts la démanger moins. Pense à une autre solution que la colère pour résoudre ton problème. Elle aurait bien souri, Rome, de cette manière ironique qu’elle aimait beaucoup, mais elle n’avait aucune envie que son boss la prenne pour une folle. Elle garde donc ses pensées pour elle, même si elle aimerait bien les mettre à exécution. Car le seul autre moyen qu’elle voyait de résoudre son problème sans colère, c’était de pousser Jovanni hors de la voiture. A défaut de sauter elle. Mais cette solution, bien que très tentante, était exclue pour le moment, alors elle n’a d’autre choix que de ruminer durant tout le trajet jusqu’à Marina District. Une fois arrivée, elle n’accorde par un regard à son connard de patron, bien trop occupée à le maudire avec toutes les insultes qu’elle connait. Elle entre dans la villa, et sans prendre la peine de retirer ses escarpins, se dirige vers la cuisine. Heureusement qu’elle y passait du temps, dans cette villa, sans quoi l’idée de se perdre l’aurait encore plus agacée qu’elle ne l’était déjà. Une fois arrivée à destination, elle fouille le frigo, pas certaine de ce qu’elle allait trouver. Comme il semblait l’avoir oublié, Rome n’était que femme de ménage, et par conséquent, ne s’occupait pas des courses et ignorait donc le contenu de son frigidaire. Mais sa fouille infructueuse lui confirme bien que non, la personne qui remplissait ce frigidaire n’avait pas eu l’idée d’acheter une dinde. Elle n’était même pas sûre que Jovanni sache la préparer. En fait, elle en venait à se demander sérieusement comment il arrivait à se nourrir, alors qu’elle le cherchait dans la villa. - Il n’y a pas de dinde dans le frigo, lui annonce-t-elle de but en blanc une fois qu’elle lui ait mis la main dessus. - Et je doute fortement qu’un supermarché soit ouvert à cette heure-ci, ni qu’il en vende, rajoute-t-elle avant qu’il ait eu le temps de réclamer autre chose. S’il l’envoyait en acheter une, elle se jura qu’elle lui arracherait les yeux. Quoiqu’en fin de compte, qu’il l’envoie dehors. Pour sûr, elle rentrerait chez elle et ne reviendrait pas. Elle le regarde droit dans les yeux, attendant sa réponse, priant pour qu’il cède à son caprice bizarre et lui ordonne d’éplucher les supermarchés du coin. Il pourrait toujours attendre comme un con, alors qu’elle retrouverait son lit chéri.
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Rome >> Fake girl, true fusion.
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