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Gale ∞ She's just a girl but she's on fire.

MessageSujet: Gale ∞ She's just a girl but she's on fire. Jeu 23 Mar - 18:53
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D. Gale Esama-Powell

LOOKING FOR MYSELF !

NOM: Esama, c'est ton nom de naissance, celui de ton père adoptif. Tu le portes en sa mémoire. Powell, c'est celui de l'homme avec lequel tu partages un contrat de mariage. Toute une histoire.
PRÉNOMS: Disney, c'est ton frère qui l'a choisi celui-là il parait. Tu l'adores même si tu ne l'utilises que rarement. Galiandra, mais ce sera juste Gale, s'il vous plait. Tu ne sais pas trop où tes parents sont allés chercher ce prénom ni s'il a une signification en particulier mais tu n'aimes pas l'entendre en entier.
ÂGE: tu as dix-sept ans, même si tu ne l'as pas encore vraiment encaissée. La dernière fois que tu as regardé, tu en avais treize.
DATE ET LIEU DE NAISSANCE: approximativement née le 09 septembre 2009, dans un endroit inconnu mais marqué Taba-Tseka, Lesotho, sur ton acte de naissance. Les médecins disaient qu'il était plus probable que tu sois née au tout début du mois, les trois premiers jours, mais quitte à choisir, tes parents ont voulu jouer dans l'esthétique.
NATIONALITÉ: de par l'adoption, tu es Lesothan. C'est comme ça que tu te sens. Mais si on en croit le démon, tu es plutôt Nigérianne. Tout ça est flou. Alors quand on te demande, tu dis simplement Américaine. Tu ne renies pas tes origines, seulement qu'ainsi, c'est plus simple pour tout le monde.
ÉTUDES-MÉTIER: Tu ne fais rien. Ton occupation principale qui t'assure un salaire c'est épouse de Gillian Powell. Tu voudrais bien faire quelque chose de ta vie mais... c'est compliqué.
SITUATION FINANCIÈRE: c'est comme on veut. Toute seule, tu es aussi pauvre qu'un sou. Mais associée à ton mari, tu deviens aussi riche que crésus. Tu ne sais jamais quoi répondre quand on te pose cette question alors tu dis ça va.
ORIENTATION SEXUELLE: inconnue. Tu ne sais vraiment pas. On ne t'a pas donné l'occasion de chercher.
STATUT CIVIL: Mariée sur le papier, mais ça ne compte absolument pas dans le tableau. Tu es célibataire, et tu le resteras toute ta misérable vie. Contre l'amour, contre le mariage, contre l'union, contre tout.

ft. Zendaya Coleman
©adhilar





Stone cold... You see me standing while I'm dying on the floor.

Solitaire ♦ Introvertie ♦ Secrète ♦ Cassante ♦ Froide ♦ Cynique ♦ Sarcastique.... Il n’y a rien de bon en toi. Enfin, c’est ce que tu veux bien faire croire. C’est ce que tu crois. Persuadée que Max a fait de toi un monstre qui finira tôt ou tard par se révéler, tu préfères laisser ton mauvais côté prendre le pas sur le bon parce que « il ne sert à rien de lutter ». Tu es la personne la plus secrète que le monde ait jamais connue. Tu ne dis  jamais rien sur toi. Que raconterais-tu ? Tes années de séquestrations, tes meurtres ou ton pouvoir destructeur ? Tu adores lire les histoires pour enfant qui parlent de fées et de licornes. D’ailleurs, la majorité de ton argent de poche sert à cela. La seule chose qui apporte encore de la couleur dans ta vie sans vie. Tu ne dors pas sans médocs. Ton passé te hante chaque nuit. Tu as des boîtes et des boîtes de comprimés achetés illégalement. Tu ne sais même plus ce que tu prends. Tant que ça t’aide à fermer les yeux trois heures par nuit, c’est parfait. De la même manière, manger n’est pas ton passe-temps favori. Difficile d’avaler quelque chose quand on a le goût du sang sur la langue. Tu ne souris que rarement. Le rire, n’en parlons pas. Il est très rare que quelque chose t’atteigne et provoque la moindre émotion en toi. Tu es comme imperméable à tout ce qui pourrait provoquer le moindre sentiment, te rendre un temps soit peu… humaine. Tu te réfugies derrière le sarcasme et le cynisme pour te protéger. Ne plus jamais laisser quelqu’un s’approcher trop près de ton cœur, telle est ta règle. Tu es persuadée que tu mourras d’une manière atroce, ne serait-ce que rendre justice  toutes les filles que tu as égorgées. Tu portes un masque en permanence. Tu ne peux pas laisser les gens entrevoir ta souffrance, tes malheurs, tes secrets. Qu’on ne s’intéresse pas à toi, qu’on ne cherche pas à comprendre. Alors en société, tu enfouis tes démons dans un tiroir, tu remplaces tes tortures par une expression distante, fermée. Le genre qui ne donne pas envie de t’aborder, de te demander comment tu vas, de te poser des questions personnelles. Que chacun reste dans son coin. Ton nom de jeune fille, tu le portes encore en l’honneur de ton père, le vrai, le seul. Lui, il ne t’a jamais fait de mal. Et s’il était possible de revenir en arrière, ton seul souhait aurait été d’apprendre à le connaître un peu plus. D’éviter cette mort qui a tout détruit par la suite. Quand chez toi tu étouffes au point de ne plus pouvoir le supporter, tu te rends sur le Golden Gate Bridge, sur la première surface de l’une des deux tours. Ou au sommet des Tween Peaks. Là bas, tu te sens libre, vivante, enfin seule. Si tu pouvais y vivre, tu le ferais.  Tu détestes qu’on te touche. Le moindre contact avec ta peau te fait sursauter, te rend nerveuse. Alors tu évites au maximum. Le sexe te répugne, y penser où ne serait-ce que le voir à la télé te donne envie de vomir. Dans ta tête, cette pratique sera toujours associée à tous les viols sauvages et sadiques auxquels tu as assisté, auxquels tu as failli être soumise. Alors non, laisser un homme t’approcher de cette manière… tu serais capable de le tuer. Quelque part au fond de toi, tu veux bien être une fille normale, comme tous les autres de ton âge. Tu sais que c’est impossible. Mais au moins, des études… l’université… ne serait-ce que pour t’occuper les idées, avoir une vie sociale, un avenir. Mais tu as peur. Et en réalité, tu n’as même pas ton baccalauréat. Tu étais encore au collège quand tu as été enlevé. Entrer à l’université voudrait dire reprendre tout depuis la base et décrocher le bac. Tu te vois assise dans une salle de classe pour enfants ? Comment tu expliquerais un aussi énorme retard ? Non, trop de risques. Tu te contenteras d’être Mme Powell. Et puis en fait, avoir une vie sociale ne t’apportera rien. Autrefois, tu avais beaucoup de passions. Tu aimais chanter, danser, dessiner, jouer du piano. Max t'apprenait de la guitare même. Il te soutenait dans chacun de tes domaines. Aujourd'hui, tout ça te rappelle ce monstre et tu n'as juste plus envie d'y toucher. A moins qu'en réalité, tu as juste peur de constater que tu n'as plus tes talents d'autrefois. Tu es encore une jeune fille à la recherche de sa personnalité. Tu ne sais pas qui tu es vraiment. L’adolescence, qui t’aurait permis de le découvrir, tu l’as passé nue entre quatre murs ou en forêt à tuer. Le premier baiser, le premier chagrin d’amour, la meilleure amie, la première clope, la première nuit en détention… toutes ces petites choses qui forgent un caractère et permettent aux gens de grandir, toi tu ne les a pas connus. On t’a volé cette partie de ta vie. Alors aujourd’hui, tu es perdue. Tu ne sais pas qui tu es, ni où tu vas. Tu te cherches. Et tu ne sais même pas ce que tu es sensée trouver, ni ce qui t’attends au bout du chemin.  

Sorcière ? Pyrokinésiste, serait peut-être plus juste.

づ Découverte et nature du don: Tu étais dans cette forêt. La cinquième fois. Pour le dernier sacrifice. La dernière fille. Riley. Tu l’as tué. Tu as bu son sang. Tu as jeté son cœur dans les flammes ardentes. Tu as cru que c’était fini. Que le cauchemar prenait fin. Mais deux mains puissantes te soulèvent brusquement et te couchent sur l’autel. Quatre hommes te soutiennent fermement les bras et les jambes. On t’arrache ta toge, on te badigeonne de cire. Tu hurles ta vie. C’était ton tour d’y passer. Ton tour d’être violée et égorgée en sacrifice à tu ne sais quoi. Avec horreur tu le vois se déshabiller. Max. Chacun d’eux avait eu une fille. Et c’était à son tour. Tes cris et tes débattements ne l’empêchent pas de t’approcher. Mais alors qu’il t’ôte sauvagement ton innocence, tu sers les poings et les rouvre dans un hurlement profond. Des flammes jaillissent alors. De tous parts. Tout ton corps prend feu et tu as l’air de brûler vive, pourtant tu ne sens absolument rien. Ce qui n’est pas le cas des monstres présents qui hurlent de douleur pendant que les flammes les dévorent. Debout, tu les regardes à travers ta barrière de feu. Ce n’est qu’au moment où le dernier péri, où toute menace est éliminée, que ton propre corps s’éteint. Tu ne sais pas ce qui vient de se passer. Pourquoi tu brûlais sans brûler. Pourquoi ils ont brûlé. Et pourquoi simplement en regardant le feu du sacrifice, il se met à se propager tout seul, emportant les derniers vestiges de cet endroit maudit. Ne t’inquiète pas, Gale. Tu finiras par accepter que tu es une puissante sorcière, dont l’élément de prédilection est le feu. Tu t’y refuses pour le moment, mais tu n’auras pas le choix car il fait partie de toi, au même titre que l’air que tu respires.

づ Mécanisme de déclenchement et fonctionnement: Quand tu es en colère. Quand tu es terrifiée. Quand le danger est présent. Ou alors simplement quand tu arrêtes de le contrôler. Il te suffit de l’appeler et il se matérialise. Par la pensée, par un geste de la main, qu’importe. Il jaillit dans ta paume, délicieux, puissant et dangereux. Le feu en toi est presque comme un être à part, qui vit et a sa propre volonté. Ta maîtrise sur elle est constante. Un seul moment d’inattention et elle s’échappe. Alors, tu l’enfermes, tu la repousses, tu la rejettes, tu la renies de toutes tes forces. Tu n’en veux pas. Ce que tu ignores, c’est que c’est à cause de ce rejet que tu n’arrives pas à le dompter. Tant que tu n’auras pas accepté ce pouvoir comme faisant partie intégrante de toi, tant que tu n’accepteras pas de cohabiter avec plutôt que de le rejeter, il se développera indépendamment. Chaque jour, il deviendra plus fort, plus hors de contrôle. Et au moment où tu t’y attendras le moins, il explosera. Il  prendra l’ascendant sur toi. A ce moment là, ce ne sera plus toi le dominant, mais celle qui sera dominée par son propre Élément.

づ Inconvénients: Il te bouffe la vie. Il te brûle. Tu es en lutte constante avec ce pouvoir, à chaque milliseconde de ta journée, une partie de ton cerveau doit être concentrée sur cette cage dans laquelle tu l’emprisonnes. Un seul moment d’inattention, un seul mouvement de travers, une seule émotion mal-gérée, et c’est la catastrophe. Que ferait-on de toi si jamais on découvrait que tu n’étais pas un humain comme les autres, que tu étais une sorcière capable de maîtriser le feu ? On te brûlerait sur un bûcher. Tu as bien envie de mourir, mais pas de cette façon. Alors, tu vis en reclus. Tu ne te mêles que rarement au monde. Grâce à ton mari plein aux as, tu n’es pas obligée de travailler pour vivre. Alors tu t’enfermes chez toi. Double torture pour une personne qui a vécu quatre ans de son existence entre quatre murs. Ta séquestration t’a sûrement fait développer un trouble claustrophobe. Alors devoir t’emprisonner pour éviter de déclencher des incendies en ville, c’est un prix fort à payer. Tu vis désormais avec cette terrible migraine qui ne te quitte plus depuis que tu doives contrôler ce feu. Ta température corporelle est tout le temps au dessus de la normale. Tu ne sais même plus ce que s’est d’avoir froid. Les rares fois où il t’arrive de mettre le nez dehors, tu as toujours les mains au fond des poches et tu évites au maximum de les sortir. Si par malheur une boule de feu jaillissait de tes mains alors que tu doives serrer la main à une personne, ça te sera difficile de lui expliquer.

づ Maîtrise et Contrôle: Tu ne le maîtrises pas. Tu ne le contrôles même pas, à proprement parler. Il a sa propre volonté. Toi tu ne sers qu’à le retenir, rien d’autre. Impulsif, il se manifeste quand il veut et même toi tu n’y peux rien parfois. Ta température corporelle grimpe en flèche dès que ça ne va pas. A ce moment là, tu sens qu’il cherche à se libérer. La concentration pour le retenir redouble. Dernièrement, tu y parviens assez bien mais il prend de la force chaque jour un peu plus. Néanmoins, tu y as quand même une certaine maîtrise dans le sens où quand tu l’appelles, il jaillit. Toujours. Mais bien évidemment, c’est le fait qu’il le fasse sans même que tu le commandes qui est problématique.

づ Autres précisions: Tu es une sorcière qui s’ignore. Ayant été "donnée" à la naissance, tu ignores tout de tes origines. Tout ce que tu sais sur ton pouvoir, c’est ce que Max t’a sorti dans un moment de délire mais il t’est impossible de croire quoi que ce soit venant de cet homme. Tu ne sais pas si tu es réellement une sorcière ou une une aberration de la nature. Tu ne connais personne d’autre qui soit comme toi. Tu as peur de faire des recherches sur le sujet. Ou même sur la sorcellerie. C’est une mauvaise chose. T’ouvrir à ça, pour toi se serait comme laisser le Mal t’atteindre. Devenir comme Max. Et ça, tu t’y refuses. Alors, tu vis avec ton secret dans le silence et l’ignorance. A part le feu, tu ne sais même pas que tu as d’autres aptitudes. D’autres pouvoirs. Des pouvoirs de toute une lignée de puissantes sorcières noires dont tu es la dernière représentante. Une immense source de pouvoirs qui ne demande qu’à être exploitée. Utilise le bien et tu feras des merveilles. Fais le contraire et tu contribueras à la destruction du monde.

ma vie, mon histoire... si telle est que j'en ai une



Voir dans le deuxième post  

Derrière l'écran

PRÉNOM/PSEUDO: adhilar  
ÂGE RÉEL: eeeuh...
COMMENT AVEZ-VOUS CONNU BYW: MDRRRRR  
SCHIZOPHRÈNE ? Je pourrais encore rire, mais je vais m'abstenir *ris en cahette*
UN MOT DE FIN ? VIVE BYW !!!  

Recensez-vous


Code:
<ma>づ</ma> zendaya coleman ♦ [url=lien vers le profil]gale esama-powell[/url]

Code:
<ma>づ</ma> pouvoir ♦ [url=lien vers le profil]nom du personnage[/url]
MessageSujet: Re: Gale ∞ She's just a girl but she's on fire. Jeu 23 Mar - 19:27
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Ma vie, mon histoire... si telle est que j'en ai une



づ « S’il vous plait ? Pourriez-vous me garder le bébé un moment le temps que j’aille aux toilettes ? J’en ai pour une minute »  
Elle y est encore, dix-sept ans après. Mais bon, ça aurait pu être pire, elle aurait pu te laisser dans une poubelle par exemple. Au moins, elle a pris la peine de chercher une femme qui lui inspirait confiance, quelqu’un qui serait capable de s’attacher rapidement à sa fille et de la prendre en charge. Et c’est ce qui s’est passé. Quand ta mère a su qu’en fait on ne t’avait pas confié à elle mais qu’on te l’avait donné, elle s’est débrouillée pour t’adopter. Tu n’étais encore qu’un nourrisson, à peine trois semaines d’après ce qu’on dit les docteurs. Tu t’es retrouvée dans une vraie famille, avec un papa qui t’adore mais qui n’est jamais là, une mère qui t’adore aussi mais avec qui c’est pas toujours évident et un grand-frère avec qui t’es plus que fusionnelle. Tous très blancs, t’es le café au lait de la famille, avec ton joli teint métisse et tes cheveux frisés. Mais ça, ce n’est qu’un détail. On t’aime, on te chérit et malgré les fins de mois difficiles, on a tout fait pour que tu ne manques de rien. Façon de parler, mais l’idée est là. Si c’était à refaire, tu ne changerais absolument rien. Ou peut-être si… l’addiction de ton père pour l’alcool. Parce que tout ce qui a découlé ensuite, vient de là.

づ Tu étais encore petite, à peine trois ans.  
Tu ne comprenais rien encore, des adultes et de leurs problèmes, de ce qui est bien ou mal, de ce que tu dois et ne dois pas faire. Trois ans. Tu n’étais encore qu’un enfant. Tu ne pouvais pas savoir que ton père venait de perdre son boulot à la carrière. Ni que, comme chaque fois qu’il perd un job, il se replongea dans l’alcool. Éternellement torturé, persuadé d’être un raté, de ne pouvoir apporter bonheur à sa famille, de ne pas être capable de garder un boulot plus de six mois. Tu ne pouvais pas savoir que ses nombreuses rechutes commençaient à faire du mal à ta mère, mais aussi à ton frère. Ils étaient malheureux, ils soufraient. Avec tes yeux d’enfants, tu pouvais peut-être voir qu’ils pleuraient en cachette, que tes parents se disputaient sans arrêt, que même en essayant tard dans la nuit de ne pas faire de bruit ton père rentrait tard, il en faisait quand même et te réveillait. Quelques secondes et tu te rendormais ensuite. Les voix des disputes te parvenaient en sourdine. Une main caressait tes cheveux. Ton frère était là, venu s’assurer comme à chaque fois que les parents élèvent la voix, que sa petite sœur chérie n’était pas perturbée. Qu’elle dormait. Même si lui écoutait, même s’il en souffrait, même s’il pleurait, sentant la fin arriver, il te protégeait quand même. Il n’aurait rien laissé t’atteindre, personne te toucher. Il n’avait que dix ans, mais il était ton héros. Le genre de héros qui sentent arriver les malheurs. Ce soir là, il est allé vers ton père alors que celui-ci s’apprêtait déjà à claquer la porte derrière lui, comme d’habitude quand il ne supportait plus les réprimandes de ta mère. Ton frère l’a approché. Pour la première fois, il a essayé de l’arrêter. « Papa ? Où tu vas ? Restes avec nous… Disney est réveillée, elle veut des câlins… » « Ta mère va s’en occuper, vu que de toutes les façons je ne sers à rien. T’en fais pas mon grand, je reviens bientôt. » « Papa… Ne pars pas, stp, reste avec nous… » « Je reviens, bonhomme. Je te promets. Je te rapporterai même un cadeau ! Sois sage et veille sur les femmes d’accord ? » Il aurait dû l’écouter. Les adultes pensent qu’ils savent tout, mais leur savoir ne pourra jamais égaler l’intuition d’un enfant. Il aurait dû écouter son fils. Il serait encore en vie, aujourd’hui.  

づ Elle est restée veuve, ta mère.  
Pendant deux ans, elle a pleuré son mari, parti trop tôt. Elle s’est culpabilisée jusqu’au plus profond de son âme, a regretté de ne pas l’avoir empêché de partir, de ne pas avoir été plus compréhensive, de ne pas avoir su se taire. Pendant deux ans, elle a élevé ses gamins toute seule, luttant pour joindre les deux bouts, acceptant boulot su boulot, persuadée que si elle leur donnait une vie meilleure, elle allait pouvoir se racheter de les avoir rendu orphelins avant l’heure. Elle a pleuré, elle s’est suée, elle a lutté. Mais même la plus grande volonté du monde ne peut accomplir des miracles. Elle n’y parvenait plus. La misère s’accentuait de jour en jour. Nourrir ses enfants était devenu un exploit. Parfois, elle envoyait même son petit garçon de douze ans faire du vol à l’étalage pour qu’ils puissent avoir quelque chose à se mettre sous la dent, sa petite sœur et lui. Elle restait affamée des jours durant, réservant tout ce qu’elle gagnait pour ses enfants, ne se contentant elle-même que du strict minimum, et là encore. S’en était devenu trop. Beaucoup trop pour deux épaules fragiles qui devaient en supporter quatre autres. Ne sachant plus que faire, elle se tourna vers l’unique solution qu’elle croyait avoir : la prostitution. Elle se détestait de le faire, elle se haïssait de se souiller et de souiller la mémoire de son mari. Mais elle n’avait pas le choix. Le sourire de ses enfants quand elle leur préparait du foutou à manger les soirs avant de s’en aller, ça n’avait pas de prix. Rien que pour voir ces deux visages rayonner, elle ferait n’importe quoi. Tu ne savais pas d’où venait l’argent pour que tu aies ces bons plats. Tu n’avais que cinq ans. Ce n’est pas le genre de questions qu’on se pose à cet âge. C’est encore l’enfance, l’insouciance. L’innocence. Une innocence qui sera pourtant bientôt vite entachée.

づ Elle l’a ramené à la maison le jour de ton huitième anniversaire.
Oh bien sûr tu t’y attendais, elle avait pris la peine de t’en parler des semaines à l’avance. Si toi à la base tu n’avais rien contre le fait, ton frère lui ne le voyait pas du même œil. Il était clairement antipathique à cet homme que maman venait vous présenter comme son petit ami. Il ne l’aimait pas du tout. Tu n’es plus une petite fille maintenant, tu sais interpréter les signes. Et quand ton frère dépasse un invité sans un regard et sans même le saluer, tu sais que celui-ci n’est pas la bienvenue. Alors bien évidemment, tu te ranges du côté de ton bro et tu fais la muette devant Max, qu’il a dit qu’il s’appelait. Tu étais bien décidée à soutenir ton frère jusqu’au bout, mais les grands sont parfois plus rusés. Les nombreux cadeaux qu’il t’a ramenés ont vite délié ta langue. Tu es loyale d’habitude, tu n’es pas une petite fille facile. Mais des cadeaux, tu n’en as pratiquement jamais reçu. Aussi nombreux, aussi bien emballés, aussi beaux, jamais. Pas de friperie, tous des neufs et rien que pour toi. Sûrement le plus bel anniversaire que tu aies jamais eu. Comment rester en rancune envers un homme qui dès les premières secondes qu’il vous voit vous traite comme une princesse ? Tu t’es excusée auprès de ton frère, tu étais désolée d’avoir été aussi faible. Mais il ne t’en voulait pas. Il ne t’en veut jamais. Il t’a juste demandé que quoi qu’il arrive, de ne jamais oublié votre père. Non, plus exactement il a dit : « Ne le laisse jamais prendre la place de papa dans ton cœur ». Tu as promis que non. Et de toutes tes forces, tu voulais garder cette promesse. Mais c’était difficile. Très difficile. Tu n’as pratiquement aucun souvenir de ton père. N’était-ce pas grâce aux photos, tu ne te rappellerais même pas de son visage. Tu as oublié son odeur. Tu as oublié ce que s’est de sentir ses bras te serrer. Tu ne sais plus comment c’est de l’aimer. Ce que tu ressentais quand il était près de toi. Tout cela était parti. De ton père, tu n’as que des photos et un fantôme. Comment continuer à lutter pour aimer une ombre plus que quelqu’un qui lui, était bien réel ? Max te gâtait. Il ne venait jamais sans t’apporter un cadeau. Il te donnait tout ce que tu demandais et Dieu sait que tu étais capricieuse. Tu étais comme une princesse pourrie gâtée qui n’avait plus aucune limite. Ta mère essayait d’en poser, ton frère te sermonnait, mais toi et Max, vous vous en foutiez bien. Il disait que ton bonheur n’avait pas de prix à ses yeux. C’est pour ça qu’à peine deux mois après, quand il demanda ta mère en mariage, tu donnas automatiquement ton accord pour leur union. Ton frère n’était pas d’accord, il n’aimait toujours pas Max et à vrai dire, il commençait légèrement à te saouler sur ce point. Mais il accepta quand même, ne voulant pas être un frein au bonheur de sa famille. Ta mère devint officiellement Mme Obiteng un mois plus tard. Une belle cérémonie. Max voulut vous adopter, mais ton frère était totalement contre. Tu as beau aimer Max, ton frère passait quand même avant le reste alors, tu décidas de le soutenir cette fois-ci. Mais qu’importait un bout de papier ? Max était ton père, tu le voyais et l’aimais comme tel. Tu ne voulais pas remplacer ton vrai père, mais tu pouvais quand même avoir un deuxième. Là encore, tu avais tort. Un père, un vrai, on en a qu’un seul. A moins d’avoir été adopté par un couple gay.

づ Tu reviens de loin.  
Ton cerveau est encore dans un brouillard. Tu ne sais pas ce qui s’est passé. Ni où t’es. Tu essaies de bouger. Tu n’y arrives pas. Tu essaies de crier. Tu n’y arrives pas. Pourtant, tu n’es pas attachée. Tu peux sentir tes membres parfaitement libres. Tu n’arrives simplement pas à les mouvoir. Tu es comme… paralysée. Ne pouvant essayer de savoir où tu es, tu essaies de te souvenir de comment tu es arrivée là. La dernière chose dont tu te souviennes, c’est ton père qui est venu te chercher à l’école. Max… La meilleure chose qui ait pu arriver à votre famille. Cinq ans maintenant qu’il est ton beau-père et a aucun moment tu n’as regretté de lui avoir fait confiance. Il est gentil, adorable, généreux, bon, sans compter sa richesse qui vous a radicalement changé la vie. Du presque trottoir, vous avez atterri dans une villa. Avec un homme qui ne vivait que pour vous faire plaisir. Même ton frère a fini par le laisser entrer dans sa vie. Il refuse toujours de l’appeler papa mais leur relation s’était nettement améliorée. Ta mère était heureuse. Et toi, toi tu étais sa préférée, la prunelle de ses yeux. Tu l’adorais littéralement, il était l’homme parfait pour toi, le genre que tu voudrais bien avoir dans ta vie plus tard. En cinq ans de vie de famille, aucun malheur n’était venu obscurcir votre horizon. Vous avez été heureux. Avez été. Parce que maintenant que la mémoire te revient, tu peux le dire avec certitude, c’est Max qui t’a conduit ici. Dans la voiture, il y avait un sandwich. Tu le mangeais quand tu as commencé à te sentir mal. Tu as bu de l’eau, ça n’a vraiment rien changé. Ton corps était mou, ta vision se brouillait. « Papa ? Je crois… que je suis malade… » Il ne t’a pas répondu. Il s’est contenté de te regarder par le rétroviseur. Tu as croisé ses yeux deux secondes avant de sombrer. Son regard t’a fait froid dans le dos. Maintenant, allongée dans ce qui semblait être un lit, incapable de bouger le moindre centimètre de ta peau, tu as les grands ouverts dans ce noir absolu qui t’entourait. Les larmes roulent sur tes joues, tu peux les sentir couler jusqu’à ton oreille. Vous avez été heureux. Plus rien ne sera plus comme avant.

づ Ça doit faire environ deux jours que tu es là.  
Enfin, tu crois. Dans cette pièce où il n’y avait absolument aucune fenêtre, il était difficile de se situer. On perdait vite la notion du temps quand on n’a pas d’horloge, pas de ciel, pas de soleil, juste une obscurité à perte de vue. Quand tu as enfin réussi à te bouger, tu t’es relevée pour te rendre compte que tu es totalement nue. Comme un ver. Et il n’y avait absolument rien avec lequel tu pouvais te couvrir, même pas un simple drap de lit. Tu as eu du mal à t’y faire, te sentant trop vulnérable. Mais tu t’es finalement résolue à te lever. A quatre pattes, tu as avancé, essayant de découvrir ton univers tel un nouveau-né. Tu n’as buté sur absolument rien jusqu’à atteindre un mur. Tu l’as suivi jusqu’à trouver un interrupteur. La lumière était à portée de main depuis le début, il te suffisait juste de la saisir. D’abord aveuglée, tu as fini par t’y faire. Tu regardes la pièce où tu trouvais. Toute petite. Il n’y avait absolument rien à part ce lit une place, un ours en peluche, une porte qui devait mener à la sortie mais qui évidemment était verrouillée et une autre qui menait à une salle de bain tout aussi petite et rudimentaire. Il n’y avait absolument rien d’autre, les murs n’étaient même pas peints. Tu n’as jamais rien vu d’aussi froid. Tu vas te rasseoir, repliant tes jambes sur toi-même, tu te remets à pleurer. Tu as faim. Ta mère et ton frère te manquent. Ils doivent te chercher. Ils doivent être morts d’inquiétude. Tu as envie de les rejoindre, de leur dire que Max n’est pas l’homme que vous croyiez et que c’est ton frère qui avait raison de t’en méfier depuis le début. Tu as envie de leur raconter… Une voix sortie de nulle part vient interrompre tes pensées. « Hé la nouvelle ? Tu viens ? » Une voix toute proche. Ça avait l’air de venir de… derrière la porte ? Oui, puisque quelqu’un venait clairement d’y cogner. Tu te précipites pour l’ouvrir mais elle était résolument fermée. « Sortez-moi d’ici s’il vous plait ! Je suis prisonnière, sortez moi ! » « Arrête de crier, on ne peut rien faire pour toi, nous. On est pareilles, on est toutes prisonnières ici. » « Nous… ? Vous êtes plusieurs ? »  « Cinq, plus toi ça fait maintenant six. Il y a Margot, Jessica, Danielle, Naomie, et moi Riley. Et toi c’est… ? » « Andra… » « Jolie ton prénom ! » « Enchantée, Andra ! » « C’est bizarre que tu ne puisses pas sortir, nous nos chambres ont toujours été ouvertes. » Tu entends des voix qui confirment. « Qu’est-ce qu’il va me faire ? Quand es-ce que je vais pouvoir sortir ? » « Jamais. J’avais quatre ans quand il m’a enlevé et vu ma taille, je dois en avoir treize ou quatorze maintenant. Et il y a d’autres aussi qui sont là depuis très longtemps. Il ne nous fait rien de mal, juste que tu ne pourras plus jamais sortir. » « On va sûrement vieillir et mourir ici. » Le désespoir qui s’empare de toi à l’annonce de ces mots te fait chavirer.  Tu te laisses glisser contre la porte, en larmes. « Je veux sortir d’ici… je veux sortir… » « Ne t’inquiète pas, Andra, on est là nous. »  « On est comme une grande famille, on prendra soin de toi. » « Je ne veux pas mourir ici !!! » Ton cri a dû leur faire peur car tu les entends s’éloigner précipitamment. Ce n’est peut-être pas plus mal. Tu as besoin d’un peu de solitude pour encaisser toutes ces informations. Mais quelques instants plus tard, un bruit de serrure suivi de semelles qui claquent sur le plancher te fait subitement lever. C’était sûrement lui. Tu cours te rouler en boule sur le lit, te refusant à ce qu’il te voit nue ainsi. Tu le sens passer devant ta porte, puis il y revient quelques instants plus tard. Le bruit de clé… la porte qui s’ouvre. C’est lui. C’est bien Max. Cet homme que tu vénérais, que tu adorais plus que tout au monde. Mais ce n’est plus lui. Plus de sourire sur son visage. Plus cet amour dans ses yeux quand il te regardait. L’homme qui s’avance vers toi avec un sachet à la main est froid, distant, cruel, insondable. Comment tu as pu y croire ? Il soutient ton regard jusqu’à s’approcher du lit sur lequel il dépose son sachet puis il se retourne, sans aucun mot. Il ressort et referme la porte à clé. Une autre porte se fait entendre, sûrement celle du couloir et puis plus rien. Pendant quelques instants, tu restes là, figée. La désillusion a un goût très amer. « Andra ? Bon appétit ! » Tu te rapproches de la porte et t’assieds, dos contre la paroi. « J’ai pas faim. » « Tu devrais manger, il n’y a que ça à faire ici. » « En plus, tu vas tomber malade si tu ne manges pas. » « La nourriture est toujours très bonne, promis ! » Elles étaient adorables mais non, tu n’avais pas d’appétit. Si tu vas passer le reste de tes jours ici, tu préfères encore mourir de faim.

づ Il fait noir.  
Normal, tu as les yeux bandés. Vous devez  être dans une forêt. Ou dans les bois. Tu entends les bruits des branches que tu casses en marchant. Tu es toujours aussi nue que le premier jour. Tu as froid. Max est derrière toi, les mains sur tes épaules, il te guide. Tu ne sais pas où vous allez. Après une marche qui te parut interminable, il te stoppe enfin. Il te place à un endroit précis, qu’apparemment il avait choisi avec soin, vu comment il insista pour que tu restes exactement sur ce point. Tu le sens bouger autour de toi. Il fait beaucoup de choses. Bientôt, tu sens une chaleur diffuse. Des crépitements. Un feu. Tu brules d’envie d’enlever ce bandeau et de voir ce qui se passe mais en même temps, tu ne sais pas si tu en envie. La forêt… du feu… ça ne présageait rien de bon. Bientôt, tu sens un tissu fluide, très fin te couvrir. Agréable sensation. Ça fait des lustres que tu n’as pas senti un tissu sur ta peau. Même une serviette, tu n’en as pas dans ton cachot. Avec le temps, tu as fini par collectionner les serviettes en papier qui viennent avec tes repas pour t’en servir après la douche. Il te passe une capuche sur la tête et libère enfin ta vue. Il faisait nuit noire. Tu essaies de regarder le ciel à la recherche d’une étoile mais les arbres immenses te cachent la vue. Dommage, tu aurais aimé voir le ciel. Ça fait tellement longtemps que tu ne l’as pas vue. Tu rapportes ton attention sur ce qui t’entoure. La première chose qui te saute aux yeux, c’est que vous n’êtes pas seuls. Il y a quatre autres hommes avec Max de l’autre coté du feu. Non cinq. Tous leurs capuchons relevés, tu ne peux voir leurs visages. Il y avait une sorte d’autel en face de toi, avec des cierges. Tu regardais tout ça, terrorisée. Tu n’as même pas le temps de te poser des questions que déjà, ils se mettaient en cercle autour de toi. Tous en toges, et tu remarques que c’est ce que tu portes aussi. Commence alors une série d’incantations que tu ne comprends pas. Tout ce que tu arrives à en tirer, c’est ton nom, qui revient chaque fois. Beaucoup trop de fois d’ailleurs. Tu commences à pleurer, persuadée que cette fois-ci c’était ta fin. Tu allais mourir. Quand finalement ils arrêtent leurs incantations, l’un d’eux vient se mettre derrière toi et pose ses mains sur tes épaules, tandis qu’un autre disparait dans les bois pour revenir quelques instants plus tard… avec une fille nue qu’il porte dans ses bras. Il la pose sur l’autel juste sous tes yeux. Tu n’arrives pas à détacher ton regard de celui de la fille. Toute la terreur, l’angoisse, la souffrance que tu y vois. Elle a l’air de pleurer et pourtant aucun sanglot ne sort de ses lèvres entrouvertes. Les hommes se rassemblent maintenant autour de l’hôtel. Elle paraissait ne pas pouvoir bouger, pourtant quatre hommes se positionnèrent pour lui emprisonner bras et pieds. Max, qui était le seul à ne pas avoir soulevé le capuchon de sa toge, se mit à lire une sorte de bible qu’il avait en mains. Il prend l’un des cierges et fais couler la cire chaude tout le long de la fille qui pleure en silence. A la fin de la lecture, Max prononce un nom : Naomie. Et dans ta tête, c’est le déclic. Cette fille que tu es entrain de regarder mourir, c’est ton amie. Elle fait partie des cinq filles que tu as connu derrière une porte, que tu n’as jamais vu qui elles non plus ne t’ont jamais vu et pourtant, elles t’ont accueilli à bras ouverts. Vous avez eu de longues discussions séparées par une porte. Vous avez joué, rit, pleuré ensemble. Pendant ce qui vous semblait des années, vous avez vécu ensemble, liées par une situation terrorisante et pourtant si soudées dans votre malheur. Naomie, tu la connais. C’est peut-être à ce moment là que ton cerveau est entré dans une sorte de paralysie. C’était trop de choses que tu pouvais consciemment supporter. Tu t’es alors fermée inconsciemment, regardant le reste du spectacle comme si tu étais à la fois là et pas là. Le viol sauvage par l’un des hommes. Le sacrifice qui a suivi ensuite. Le sacrifice que tu as fait. On t’a tendu un couteau. On t’a gardé la main. Tu lui as tranché la gorge. On a recueilli son sang et on se l’est passé à tour de rôle. Tu l’as bu. On a ouvert ses entrailles, sous tes yeux on a enlevé son cœur. Tu l’as gardé entre tes deux mains, debout devant le feu, les bras tendus vers les flammes, tu as répété ce qu’on te dictait avant de jeter l’organe dans les flammes. On a ensuite fait une tonne d’autres incantations avant de faire brûler le corps souillé. C’est seulement à ce moment là que ton corps à toi décide de te lâcher : tu tombes évanouie.

づ Dans l’avion privé qui t’emmène en Californie, tu fixes ton mari, plongé dans ses documents.  
Tu te concentres de tout ton être sur lui, pour ne pas laisser la place aux choses qui te montent en tête. Les images. Les rires. Les voix des filles que tu as assassinées. Leurs visages. Le goût âcre de leur sang dans ta bouche. Toutes ces choses qui te rendent folles et que tu luttes chaque seconde de ta misérable existence pour effacer. Si Gillian connaissait ne serait-ce qu’une infime partie de ton passé, tu ne serais sûrement pas dans cet avion aujourd’hui en qualité de Mme Powell. Un mariage arrangé, bien évidemment. Chacun de vous deux avait quelque chose à y gagner. Lui son héritage, toi ta sortie de Lesotho. C’était vital pour toi et c’était le seul moyen qui s’était présenté. Pourquoi diable te serais-tu mariée à dix-sept ans sinon ? Le mariage… Cette maudite institution qui a emmené le diable dans ton existence. Qui a détruit ta vie. Qui a fait de toi une meurtrière doublée d’un cannibale, qui ne peut plus dormir sans se shooter aux comprimés. Le mariage… Tu sens la température de ton corps grimper en flèche. Tes paumes brûlent. Tu te lèves et t’enfonces précipitamment dans les toilettes,  plongeant tes mains dans le lavabo et ouvrant l’eau. Un bruit sourd de chaud qui rencontre le froid se fait entendre. La vapeur monte dans la petite cabine. Tu te regardes dans le miroir, aucune émotion sur ton visage embué. Soulevant tes mains, tu les fermes puis les rouvrent. Des flammes y dansent maintenant. Belles, dangereuses. Tu sens le pouvoir circuler entre tes veines. Les flammes prennent subitement de l’ampleur. Tu refermes tes poings et replonges précipitamment tes mains dans l’eau.  Tu regardes de nouveau dans le miroir, cette fois-ci, la peur dans les yeux. C’est ce que les cultes de Max ont fait de toi. Un monstre capable de créer du feu de ses mains. Un pouvoir qu’il t’a certifié que tu avais toujours eu en toi. « Tu es une sorcière, Galiandra ! La dernière de la terrible lignée Akanrut, tu as en toi le pouvoir de tous tes aïeux réunis ! Tu es la chose la plus puissante qui puisse exister et… » Quelqu’un cogne à la porte de la cabine. « Madame Powell ? Nous nous préparons pour l’atterrissage, veuillez rejoindre votre siège s’il vous plait. » Tu t’essuies hâtivement les mains, beaucoup plus pressée de quitter cette cabine et tes souvenirs que d’obéir au stewart. Gillian te jette un coup d’œil quand tu t’assieds et retournes à ses documents sans un mot. Une chose était sûre, lui il serait la glace parfaite pour te refroidir quand tu chauffes. Une fois au sol, tu le suis à sa demande jusqu’à sa limousine avant de t’arrêter à quelques pas. « Tu es sûre que tu ne veux pas vivre avec moi ? Ça faciliterait beaucoup les choses. » « Sûre. » Il te regarde un instant. « Tu ne peux pas m’échapper, Gale, tu le sais n’est-ce pas ? » Il tend une main vers ton visage et tu fais instinctivement un pas en arrière. Il laisse sa main en l’air deux secondes avant de la remettre en poche. « Tu fais ça en public et je romps immédiatement le contrat. » Ce qui en quelque sorte revient à demander le divorce et à t’expédier par le premier vol pour le Lesotho. La première parie tu t’en fiches, mais la deuxième, plutôt mourir. « Appelle moi quand tu as besoin de moi, je rappliquerai. Le reste du temps, oublie moi, stp. » Ta voix froide contrastait dangereusement avec le feu qui bouillait dans tes veines. Sans un mot de plus, tu tournes les talons et t’en va vers ta liberté controversée. Parce que tu le sais, si tu restes encore là une seconde de plus, tu le brûlerais vif.

Gale ∞ She's just a girl but she's on fire.
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